Cher loup

pour un loup immobile et sauvage, poilu, soviétique

26 juin 2008

Tributaire de quoi

proces1

Je me souviens du premier article que j'ai écris sur mon skyblog, c'était juste après la dernière épreuve du bac et j'ai lancé mes mots au hasard, sans savoir si quelqu'un les lirait vraiment. C'est quand j'ai lu mon premier commentaire, un «je m'incline » naïf, grandiloquent et pas forcément mérité c'est sûr, mais reçu comme un vrai cadeau, que j'ai découvert le plaisir d'être lue. Alors pendant un an et demi j'ai écris à l'inconnu qui se manifestait de temps en temps et il n'y avait que de la pureté là dedans.  J'avais des rapports feutrés et vaguement réguliers avec deux autres bloggeuses (coline et une autre fille) et cela me convenait dans le sens ou je me sentais libre. Et surtout pas jugée. Comme dans un refuge mais au milieu de nulle-part.

Depuis que je parle par msn à mes  lecteurs je ne peux plus écrire comme je le voudrais. Les rares articles datés des derniers mois, je l'ai ai écrits presque à contrecœur. Je suis extrêmement fière et pudique, vous comprendrez donc qu'écrire le genre de textes que j'écrivais avant (qui sous des apparences un peu fantasques étaient tout de même très personnels) aux yeux de gens que je connais m'est désormais impossible. Et je n'ai pas non plus créé un blog pour raconter mes journées ou ma vie quotidienne, c'est quelque chose qui m'emmerde, j'ai fais un blog pour que la réalité me laisse un peu tranquille. Cela ne veut pas dire que je regrette de vous avoir rencontrés, au contraire, j'aime beaucoup parler avec vous, ça veut simplement dire que la barrière n'existe plus pour moi et que cela m'empêche d'écrire ce que je veux. Ça peut paraître bizarre dans le sens ou l'on ne s'est pas encore vus « pour de vrai » (d'ailleurs ça n'arrivera peut être jamais, spéciale kassdédi à clad) mais c'est comme ça.

Je laisse quand même mon blog ouvert car je compte en faire quelque chose de différent, des histoires. Maintenant que j'ai mis les choses au point j'écrirais même peut être plus qu'avant.

 

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22 juin 2008

Et mon tapis volant dis?

L'impression que mon intellect est en stand bye depuis plusieurs mois, je ne réfléchis pas, je décide en quelques secondes, comme si c'était automatique en fait, je lis des journaux débiles puisque j'ai arrêté marianne (oui c'est de la merde) je m'étais mise à courrier international mais ça me saoulait (trop intellectuel donc) et finalement je lis les inrock (aucun rapport) avec dégoût. Enfin.
Hier je suis restée pratiquement toute la fête de la musique à un sound sytem où les mecs faisaient du ragga  et je me suis dis que si la vie pouvait se résumer à ça : danser comme une enragée en me cognant aux gens en tapant des crises de fou rire toutes les dix minutes et bien ça serait vraiment pas mal, quoique répétitif. Je me suis aussi battue avec une fille et c'est d'ailleurs en y repensant que m'est venue l'idée d'écrire un article sur ce blog désaffecté,  j'avais envie d'écrire je me suis battue avec une fille. Pourquoi? Aucune idée, c'est peut être la chose la plus étrange qui me soit arrivée depuis longtemps, s'agissant de moi, je suis quelqu'un de plutôt cool habituellement, alors j'avais envie de l'immortaliser. C'est fait.
Je ne peux pas dire si je vais bien ou si je ne vais pas bien, cf le premier paragraphe, je me sens neutre. La plupart du temps je suis ou léthargique ou survoltée et bien là je suis ni l'un ni l'autre. Si ça se trouve je suis en train de muer vers l'état adulte, c'est même fort possible. Bientôt je vais me maquer, acheter un appartement en banlieue, voter socialiste et corriger les copies des 6ème C entre deux biberons. Et je ne serais même pas déçue de ma vie, je serais comme maintenant, ça sera automatique. Et puis c'est pour la plupart des gens comme ça, prend n'importe quel français moyen et demande lui de te raconter ses rêves adolescents : "Victor, inspecteur aux impôts, aurait voulu être une rock star, le vit plutôt bien."
Je fume de plus en plus négligemment, en basculant la tête en arrière et en regardant le ciel. Bleu avec de longs sillons nuageux. Et j'écoute les gens parler, raconter leur vie, en la scénarisant et en en rajoutant. Personne n'est dupe mais tout le monde fait  semblant d'y croire. C'est la règle du jeu après tout, un peu d'auto dérision pour faire passer tout ça et au suivant. Et je le revois, le prince de l'hypocrisie, leur répondre en riant et me murmurer que l'importance c'est ce que tu penses. J'aurais pu lui répondre que non, en argumentant, mais il a du répondant et je n'aime pas débattre avec des gens qui ont des convictions stupides mais du répondant. C'est voué à l'échec. Je préfère fumer en regardant le ciel et en pensant des choses du genre : quelle bande de connards, qu'ils aillent tous se faire foutre. Oui si mes amis lisaient mes pensées je n'aurais pas beaucoup d'amis. Lol.

la_troisi_me_partie_du_monde

La troisième partie du monde

 

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11 mai 2008

Saez Jeunesse lève-toi clip officiel

Saez Jeunesse lève-toi clip officiel
Vidéo envoyée par Blooms


Y'a plein de loups dans le clip!
Ah je suis visionnaire niveau Saez.

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06 mai 2008

Vdm.fr

Aujourd'hui (enfin hier) j'ai mis mon réveil pour midi afin de réviser et de remettre mon horloge biologique à peu près à l'heure en vue des deux dernières journées d'examen. Satan ayant fait tomber mon réveil pendant la nuit (enfin la journée)  je me suis réveillée à 18 heures. Assez énervée contre moi-même, déprimée à l'idée de passer mes partiels après une nuit blanche mais surtout très pressée car mon TGV est à 19 heure je file à la gare après avoir fait mon sac très trop rapidement.
Je passe sur le voyage pourri  (ipod  déchargé, vieux type à côté de moi bouffant un sandwich puant, contrôleur belliqueux qui  croit que je veux le feinter car je lui passe, sans faire exprès, mon billet aller)
Arrivée à T. je fais une pause Internet avant d'entamer mes révisions car trop fatiguant la vie.
Vers vingt trois  heures je décide enfin de commencer à réviser et m'aperçois que j'ai oublié mes cours chez ma mère. Pour la deuxième fois de la journée je suis assez énervée contre moi même et déprimée à l'idée de passer mes partiels après une nuit blanche et en plus sans avoir révisé l'un d'entre eux . Je me dis en effet que je pourrais photocopier les cours de quelqu'un pour celui de mercredi.
Je raconte alors mes misères à une camarade de promo qui m'apprend que non, les deux partiels sont demain, et que j'ai confondu l'horaire d'Histoire du livre avec celui de Livre et Images ou une connerie comme ça (un cours que je ne suis pas).
Voilà.

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02 mai 2008

Les chers corbeaux délicieux

J'aime bien cette idée de me lever le matin et de me rendre à un cours tenter de répondre à une question du style : « l'influence de Schopenhauer dans l'œuvre de Thomas Mann » tandis que mes compagnons de bus vont eux élaborer des solutions pour faire remonter la croissance française (c'est bon je caricature). C'est décalé quoi, même si on le paiera cher je suppose.
Seulement je me demande ce que je vais devenir. J'ai l'impression de n'avoir aucune attache, de n'avoir encore rien construit à quoi m'accrocher A vingt ans ce n'est pas un drame mais je ressens un certain complexe face aux amis qui ont ce qu'on appelle une vie bien réglée, qui se projettent dans leur avenir médiocre le dos rond, qui, semble-t-il, n'ont pas l'espoir de quelque chose de plus grand. A vingt ans je trouve ça quand même triste. Enfin ce n'est pas vraiment un complexe, disons plutôt que je ne me sens pas concernée. J'ai toujours vécu au jour le jour et je ne sais pas voir plus loin que dans un an. Et tout me paraît si précaire aussi. Je suis contente quand je me sens bien dans un endroit ou quand j'ai trouvé quelqu'un de cool avec qui partager un moment de vie. Je ne sais pas si c'est parce que je suis du genre à vite me lasser, ou que j'espère quelque chose de meilleur au fond. Ou parce que je suis trop égoïste et qu'au fond rien ne m'intéresse vraiment à part moi, mes états d'âme, mes sensations, mes pensées. Ou alors que justement, j'ai trop conscience de la précarité de la vie et du danger de d'abandonner son âme à quelqu'un ou à quelque-chose. Ça doit être un peu de chaque, comme d'habitude d'ailleurs, ça serait tellement simple d'avoir une seule réponse.

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01 mai 2008

Mai 2008

J'ai les paupières chaudes et tout un tas de trucs dans le regard que je ne contrôle pas, ce que j'aime me laisser tranquille, couper le fil entre l'esprit et le corps, être débarrassée du passé et de l'avenir, étirer la seconde au maximum pour au final ne plus voir qu'elle et m'en envelopper. Je crois que je me sens en sécurité avec lui, la chaleur qui émane de son corps que je sens alors que je ne le touche même pas, le bruit des gouttes de pluie qui tapent sur le sol du dehors par la fenêtre ouverte, la lumière douce qui fait comme une caresse sur les choses autour. Je crois que je me sens en sécurité. Et cette phrase danse dans mon cerveau et s'aventure jusqu'à mes lèvres closes et j'aimerais lui ouvrir la porte, qu'elle puisse s'échapper et aller se poser là où elle veut, qu'elle ne soit plus enfermée, mais je la garde prisonnière car peut-être elle ne sera pas comprise la pauvre, on ne peut pas savoir si les autres comprennent. Les autres sont comme des énigmes, tu ne peux pas voir à l'intérieur, tu peux juste regarder leur surface et émettre des hypothèses qui après te torturent à vie. Alors petite phrase restes au chaud, là où il ne peut rien t'arriver.

Et la pluie tape, tape, je fume, et j'aime bien souffler la fumée tout doucement et essayer de la contrôler comme si je faisais des dessins, c'est un peu idiot mais on ne peut pas se forcer à être intelligent tout le temps. Parfois les choses m'apparaissent tellement ridicules que je hausse les sourcils et je souris mais seulement d'un côté, je devrais aller voir dans le miroir quelle tête j'aie quand je fais ça parce que mine de rien je crois que je la fais assez souvent. [...] Ça y est je suis allée voir, j'ai l'air idiote mais plutôt sympa, ça me donne un petit air comique. J'aurais bien aimé être un voyou à l'époque d'Oliver Twist, j'aurais eu environ douze ans et après volé le portefeuille des riches et gras bourgeois moustachus à monocle je m'enfuirais en courant, très vite, comme une sorte de chat, j'aurais les cheveux qui dépasseraient de partout, de la crasse sur la peau et un regard noir. Petite lumière qui s'échappe.

Il y a des erreurs dans le système, de cruelles incohérences, alors par la force des choses je crois surtout au hasard et aux rencontres. A la chance. Et ce mot sonne doucereux, un peu sournois, quand je le chuchote. Son s qui ne se termine pas vraiment et qui siffle entre les dents. Je est un autre, affirmation tout à fait intéressante que tu peux recaser dans n'importe quelle dissertation littéraire, succès garanti. Je est un autre donne le vertige tant elle te promet le monde entier.

 

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21 avril 2008

On se prend pour des dieux, l'important c'est d'y croire


SAEZ_Mondino4


GRAND JOUR AUJOURD'HUI, SORTIE DU GRANDIOSE ALBUM :

PARIS VARSOVIE L'ALHAMBRA



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13 avril 2008

No Future

Je m'en fous. Ca fait des heures (oui je travaille le samedi soir, normal) que les lignes que je suis censée apprendre par cœur (il y a dix pages, je n'en suis qu'à la troisième) dansent devant mes yeux et je n'ai qu'une envie : abandonner et au pire aller aux rattrapages. De toute façon ça ne changera rien. J'en ai marre, je ne suis pas faite pour les études c'est une évidence. J'aime bien m'instruire et apprendre des choses, j'adore même, mais pas comme ça. C'est toujours la même chose qui se passe chaque semestre, les partiels me rendent vraiment dingue. Je m'y prend au dernier moment, je fais n'importe quoi. Je regrette un peu mes choix passés, tout ce que j'ai fais pour en arriver là soit à vingt ans, devoir apprendre des pages par cœur comme une gosse d'école primaire. C'est nul quoi, limite humiliant, et la vie est courte alors qu'est ce que je fais là. A la perdre.
Je regrette d'avance.

Mais je sais très bien ce qui va se passer c'est bientôt les vacances d'été alors je vais oublier cette sensation de ras le bol et en octobre je vais reprendre le chemin de la fac. Enthousiaste. Pour à nouveau ne plus supporter au bout d'un mois. L'éternelle histoire. Mais je suis trop lâche ou trop raisonnable pour agir. Alors rien ne bouge (mais chez moi le ciel reste gris) et l'année prochaine en plus de mon bac L. j'aurais ma licence de lettres. Des lendemains qui chantent ouais.

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09 avril 2008

Sea, Sex and Sun

Il y a l'humanité dehors.
Et l'on passe à côté.

Des fois, en société, je réfléchis pendant au moins un quart-d'heure à ce qui se passerait si je prononçais une phrase incongrue (oui des fois je m'emmerde vraiment). Des fois aussi j'ai des mauvaises pensées comme par exemple « ceux là ne me méritent pas » c'est prétentieux hein, mais après tout je n'ai rien à vous prouver chers lecteurs. Ma copine A. je l'ai vue par hasard, hier, et c'était comme si l'on se s'était jamais quittées. Elle n'a pas perdu sa fantaisie adolescente qui est donc, après réflexion, de la fantaisie tout court. Quand on grandit on s'aperçoit que ce que l'on considérait plus jeune comme un dû, ou comme une chose normale, est finalement un don de la nature. Ma princesse boomerang.A part ça mon histoire est de plus en plus pourrissante, à distance. Si seulement il était possible de se débarrasser de tous les petits microbes qui grattent la peau et de se purifier complètement. Je voudrais être neuve, seule, et heureuse. Bucolique, un truc débile du genre.
Je suis contente de revenir ici l'année prochaine. Les rues sont quand même plus intéressantes à regarder même si c'est de la poudre aux yeux souvent, les chapeaux à plumes, tout ça. Par dessus tout j'aimerais bien reprendre le contrôle, si tant est que je l'ai déjà eu. Avoir l'impression que c'est moi décide si ce n'est de ce qui arrive, comment ça arrive. Je subis trop, tout le temps, j'en ai marre. Pete doherty est en prison et ne sera donc pas à bourges je suis déçue comme un enfant le matin de Noël quand il s'aperçoit que non, il n'y a pas la planche de skate board espérée au pied du sapin.

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01 avril 2008

Victor le victorieux, deuxième épisode

En qualité de sous-supérieure, comprenez sur-inférieure, Mme Ajou pouvait se permettre d'arriver au bureau avec une demi-heure de retard. Privilège dont elle abusait avec constance et sans culpabilité. A neuf heures et demi elle franchissait donc la porte de l'immeuble Solitex et l'air empressé filait vers son bureau en assaillant ses collègues inférieurs de saluts, de plaintes et d'ordres. Cela donnait à peu près : « Bonjour Linda, quel temps pourri! Et ces embouteillages, bravo Delanoë,au bûcher Delanoë! Le courrier et tout de suite! Bonjour Mr Derneuil, comment allez vous? Et ta soeur connard? Les cht'tis c'est tous des consanguins! Bonjour Mlle Dupré, oula vas y mollo sur les UV chérie! »*      
A côté de l'ordinateur une photo encadrée la représentait avec son fils Victor, âgé d'une dizaine d'années, mais qui avait aujourd'hui dix sept ans. En ce moment Victor devait être encore au lit, il avait pris la mauvaise habitude depuis quelque mois de ne plus se rendre au lycée avant onze heures du matin. C'était regrettable et inquiétant mais une fois cette observation faite Mme Ajou n'avait finalement que très peu de possibilités d'actions. Crier, menacer, punir? Victor avait une nature neurasthénique et Mme Ajou d'autres choses à faire.
  Quand elle était jeune Mme Ajou était Garance. Elle lisait de la littérature russe, allait au cinéma quatre fois par semaine, apprenait le grec ancien et jouait du piano. Elle avait même été organiste pendant deux années pour l'église de sa ville. Dans ses rêves adolescents elle voulait devenir compositrice elle imaginait qu'un jour une force magique prendrait possession d'elle et lui ferait noircir des pages et des pages de partitions. Reconnue et estimée elle jouerait alors aux quatre points de la planète. Elle se représentait sur une grande scène, vêtue d'une longue robe rouge, les mains courant sur les touche, le public retenant son souffle. Mais le jour ou elle avait décroché son BTS la force magique n'était toujours pas apparue, elle postula alors à Solitex, épousa Romain et mit au monde un garçon aux yeux noirs. Victor. Plus tard l'achat de l'appartement, encore plus tard l'accident. Elle qui monte les échelons à Solitex, Victor qui fait du sur place, elle qui voit des hommes et qui ne rentre plus le soir. Victor qui ne l'attend plus.

-Bonjour, je suis Victor Ajou.
-Je te connais, tu ne te rappelles plus de moi? Je peux le concevoir, ça doit faire deux mois que l'on se s'est pas vus.
Un léger agaçement commencait à envahir Victor. La vieille perruque rousse de la femme, ses ongles peints, son ton condescendant, son regard de vicieuse.
-Je viens de me faire renvoyer de mon cours d'histoire car je n'ai pas de mot d'absence. Je viens donc vous en demander un.
-Tu te moques de moi j'espère? Victor ne répondit rien. Il détourna le regard du visage grossier de la femme et étudia une affiche contre le racisme sur le mur. Une gamine noire enlacait un garçon blond. Ils avaient tous les deux une tête d'abruti, l'affiche était si stupide que Victor réprima un rire nerveux.
-Tu connais le règlement ?
-Ce règlement m'empêche d'aller en cours.
-Tu cherches à rater ton bac c'est ça?
-Bien sûr, je cherche à rater mon bac pour passer une année de plus dans ce lycée. Il ouvrit la porte et se tourna vers la femme. Vous êtes trop conne.

Arta c'est la fille aux cheveux noirs qui a des morceaux de verre dans le pied droit qu'elle n'a jamais fait retiré car ça ne la gène pas dans la vie quotidienne. Les gens ne voient pas qu'elle est une princesse car les gens sont cons. Victor et elle se connaissent depuis l'enfance, époque bénie où tout était si simple, rappelle toi. Les genoux écorchés, les pistolets en plastiques enfoncés dans la peau, la boue visqueuse sur les chaussures, Victor et Arta les amoureux.

Une écoeurante odeur de yaourt saveur fraise flottait dans l'air, Arta tituba jusqu'au lit et s'effondra sur les couvertures. L'ordinateur jouait une musique insupportable, une sorte d'electro qui répétait inlassablement la même note. Victor était debout à côté de la fenêtre, il semblait pensif.
-Tu peux éteindre cette musique de merde Victor?
-Elle est conne cette CPE, je t'assur qu'elle est profondément conne.
-Ouais je sais Victor. Tu peux éteindre la musique? Viens dormir avec moi s'il te plaît.
Victor ne répondit rien, il se glissa derrière les rideaux et Arta entendit la fenêtre s'ouvrir.
-J'ai disparu Arta.
Les yeux d'Arta estèrent fixés sur les pieds de Victor quelques minutes puis fatigués de lutter il se fermèrent enfin.La musique s'était arrêtée et l'on entendait plus rien à part la rumeur de la rue et la respiration lourde de la jeune fille.

Le froid qui ronge les doigts, qui les paralyse,qui s'infiltre sous les écharpes, le froid mordant et glaçant des villes, que l'on observe d'un café en émiettant des carrés de sucre sur la table ou que l'on subit, tremblant et fragile, en marchant vers sa destination. Ce froid m'a envahi Arta. Je traverse la vie comme on traverse le brouillard, je ne sais plus l'amour, je ne sais plus ton visage, je ne sais même plus le son de ta voix. Il n'y a rien de réel à part moi-même et si loin que je m'en souvienne il en a toujours été ainsi. Le passé ne forge pas car le passé est oublié. J'aurais voulu tout enfermer dans des milliers de petites boîtes à défaut de pouvoir le garder dans ma tête mais il est trop tard désormais, la vie passe si vite et il n'en reste rien, à peine des souvenirs sans éclat. A quoi bon vivre si hier ne compte plus. Il y a un tueur de passé dans mon cerveau, ou dans mon coeur. Je ne sais pas où, ça n'a pas d'importance.
Victor, pour Arta

*de sérieux doutes sont émis sur la véracité de la retranscription de ces propos

1 heure pour mettre en page !!!

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